1699 Vues

Rassemblement à Paris pour les 668 bébés forcés de vivre dans les prisons turques

A l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’homme, un rassemblement a été organisé sur la place de la République à Paris pour attirer l’attention sur les victimes les plus fragiles de la répression qui a cours en Turquie contre les sympathisants ou supposés tels du Hizmet, ce mouvement initié par Fethullah Gülen, que le pouvoir accuse d’être le cerveau de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

Un gardien de prison dit aux bébés : « Allez, vous avez assez rampé, il est temps de rejoindre vos cellules ».

Il y a, en effet, actuellement 668 bébés qui sont obligés de vivre dans les cellules de prison avec leurs parents, dont 149 ont moins d’un an, 381 ont entre un et 3 ans et 138 ont entre 4 et 6 ans.

Le pouvoir turc a lancé une répression tous azimuts contre les membres ou sympathisants du mouvement Gülen, multipliant les descentes de police, les rafles et les arrestations.

Les placements en garde à vue de femmes venant tout juste d’accoucher sont devenus monnaie courante.

« Un comportement des plus cruels et aberrants »

« Nous sommes indignés face à la politique de punition collective contre les sympathisants du mouvement Gülen, contre cette politique d’Etat orchestrée par le régime d’Erdogan. Nous sommes inquiets par l’ampleur des événements qui n’ont plus aucune limite ! », a dénoncé le Collectif des victimes de la répression contre le mouvement Hizmet, à l’origine du rassemblement.

« Il est impardonnable que le président turc Recep Tayyip Erdogan puisse aller aussi loin dans la répression systématique contre les membres présumés du mouvement Gülen et toutes les couches de la société turque qui sont contre son régime », a déclaré Yafes Uyarci, le coordinateur du Collectif. « Erdogan doit entendre les dizaines de milliers de personnes qui, en France et dans le monde entier, s’élèvent pour dénoncer ces comportements les plus cruels et les plus aberrants », a-t-il poursuivi.

Depuis le putsch avorté, plus de 60 000 personnes ont été envoyées en détention dont 17 000 femmes, pour la plupart des femmes au foyer dont le seul reproche a été de participer à des associations d’entraide ou de bienfaisance.

Des milliers d’enseignants, de magistrats, de policiers et de militaires ont été radiés de la fonction publique, privés de leurs droits à la sécurité sociale et de leurs passeports et condamnés à une véritable mort sociale.

Le journal Star, proche du pouvoir, avait prétendu que les naissances étaient une stratégie concertée du mouvement Gülen visant à attirer la sympathie des gens.

bébés prison turquie

Le célèbre dessinateur Carlos Latuff avait, lui, consacré l’une de ses caricatures à ces mères.

Carlos Latuff bébés prison turquie

La rédaction vous conseille

La Turquie classée « pays non libre » par Freedom House
International
85 Vues
International
85 Vues

La Turquie classée « pays non libre » par Freedom House

Aylin Bircan - 16 janvier 2018

L'ONG américaine Freedom House a dégradé le statut de la Turquie de "pays partiellement libre" à "pays non libre" dans…

L’ex-directeur du renseignement militaire turc appelle à l’assassinat des partisans de Gülen à l’étranger
Politique
526 Vues
Politique
526 Vues

L’ex-directeur du renseignement militaire turc appelle à l’assassinat des partisans de Gülen à l’étranger

Mikail Turan - 16 janvier 2018

Le général de corps d'armée en retraite Ismail Hakki Pekin, ancien directeur du renseignement militaire turc, a déclaré que la…

Liens avec Gülen : 6 ans de prison pour un commissaire ayant affronté les putschistes
Justice
163 Vues
Justice
163 Vues

Liens avec Gülen : 6 ans de prison pour un commissaire ayant affronté les putschistes

Aylin Bircan - 15 janvier 2018

Un commissaire de police ayant affronté un groupe de putschistes qui tentaient d'atteindre l'hôtel où séjournait le président Recep Tayyip…