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Turquie : mandats d’arrêt contre 140 militaires et civils accusés de liens avec Gülen

Les procureurs d’Istanbul et de Konya ont émis, vendredi, des mandats d’arrêt contre 140 militaires et civils soupçonnés de liens avec l’armée dans le cadre des purges suite à la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016, sur des liens présumés avec le mouvement Gülen.

La Turquie a survécu à une tentative de coup d’Etat militaire le 15 juillet 2016 qui a fait 249 morts et plus d’un millier de blessés. Immédiatement après le putsch, le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) et le président Recep Tayyip Erdoğan ont rejeté la responsabilité sur le mouvement Gülen.

Fethullah Gülen, qui a inspiré le mouvement, a fermement nié avoir joué un rôle dans le coup d’État manqué et a appelé à une enquête internationale, mais le président Erdoğan – qualifiant le coup d’État de «don de Dieu» – et le gouvernement, ont initié une véritable chasse aux sorcières afin de se débarrasser des sympathisants du mouvement au sein des établissements publics, diaboliser ses figures populaires et les mettre en détention.

Le gouvernement AKP a limogé 24.977 militaires dont 150 généraux, 4.630 officiers, 2.167 sous-officiers, 1.210 sergents spécialisés, 411 fonctionnaires et ouvriers, et 16.409 élèves officiers suite au coup d’État manqué, sur des liens présumés avec le mouvement Gülen.

Des déclarations officielles affirment que 8.651 militaires, y compris des élèves officiers et des soldats, ont participé au coup d’État raté.

Le 12 décembre, Selami Altınok, directeur général de la sécurité publique, a déclaré que 22.987 policiers avaient été licenciés pour des liens présumés avec le mouvement Gülen.

En février 2017, Henri Barkey, directeur du programme Moyen-Orient à l’Institut Wilson basé à Washington, a déclaré que de nombreux généraux limogés par le gouvernement turc sont pro-OTAN et pro-américains, et que cela pourrait créer des renversements dans les relations OTAN-Turquie.

Bruno Kahl, directeur du Service de renseignement fédéral allemand (BND), a déclaré l’année dernière, que la Turquie n’arrivait pas à les convaincre que l’érudit turco-islamique Gülen était à l’origine du coup d’État manqué en juillet.

De même, Devin Nunes, président de l’United States House Permanent Select Committee on Intelligence, une commission permanente du Congrès des États-Unis chargée de surveiller les activités des agences de renseignement américaines, a déclaré qu’il n’avait vu aucune preuve démontrant l’implication de Gülen dans le putsch en Turquie.

De plus, un rapport préparé par le Centre d’analyse du renseignement de l’UE (IntCen) a révélé que la tentative de coup d’Etat avait été mise en scène par une série d’opposants à Erdoğan en raison de craintes de purges imminentes.

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