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Turquie : la milice d’Erdogan prête à descendre dans la rue

En réaction à un nouveau décret-loi accordant l’immunité aux civils qui avaient réprimé la tentative de coup d’Etat et les attaques terroristes, les Forces spéciales du peuple (HÖH), les milices proches du président turc Recep Tayyip Erdogan, ont annoncé qu’ils ne descendront dans la rue que si Erdogan leur ordonne de le faire.

Fatih Kaya, le chef des HÖH, a déclaré avoir établi son organisation le 30 novembre 2016 et compter 7 000 membres et 22 sections à travers la Turquie, y compris à Istanbul et à Ankara.

A propos d’une photo prise avec le président Erdogan, Kaya a répondu : “Je suis allé là-bas pour expliquer à notre président que nous sommes dans cette organisation. Pourquoi certaines personnes sont-elles agacées par une photo prise avec une personne élue par le peuple ?”.

Refusant de dire qu’ils descendraint dans la rue pour protester contre des manifestations du type Gezi en 2013, Kaya a déclaré : «Nous n’irons pas dans la rue à moins que [Erdogan] ne l’ordonne, comme le 15 juillet 2016».

Kaya a indiqué qu’ils refusaient les personnes qui publiaient des photos d’eux-mêmes posant avec des fusils. Ayant lui-même une photo en treillis militaires, Kaya a rétorqué  : “Je suis un fonctionnaire. J’ai pris un congé sans solde de six mois et je suis allé en Syrie. J’ai aidé les Turkmènes là-bas. Tous ceux qui y vont posent en treillis militaire comme je l’ai fait”.

Selon l’article 121 du décret-loi n °696, publié le 24 décembre, indépendamment de titres ou des fonctions officielles, les personnes ayant joué un rôle dans la résistance au coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016 et aux événements qui ont suivi ainsi qu’aux activités terroristes seront exemptées de toute responsabilité criminelle.

Le principal parti de l’opposition, le parti républicain du peuple (CHP), et les défenseurs des droits de l’homme ont critiqué le gouvernement pour ce décret, affirmant qu’il ouvrait la voie à des bandes de civils armés en Turquie.

 

L’ancien président Abdullah Gül a également appelé le gouvernement à réviser le décret : “L’ambiguïté qui ne respecte pas le langage juridique dans le texte du décret, qui a été publié pour protéger les citoyens héroïques qui sont descendus dans la rue pour résister à la tentative de coup d’Etat le 15 juillet, est inquiétante en termes d’Etat de droit. ”

Mais le président Erdogan avait répondu du tac-au-tac à son prédécesseur : “Le décret est suffisamment clair. Nous sommes déterminés à poursuivre avec ce nouveau décret tel qu’il est”.

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