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Turquie : interdiction de la pièce “Seulement un dictateur”

Après avoir joué pendant des années dans le spectacle “Seulement un dictateur”, le comédien Baris Atay s’est vu interdire de monter sur scène dans plusieurs villes turques.

Les gouverneurs des villes d’Artvin et de Hopa ont officiellement interdit la pièce. Tout comme Kadiköy, l’un des quartiers les plus grands et les plus peuplés d’Istanbul.

Le motif est toujours le même : risque de troubles à l’ordre public.

L’histoire d’un dictateur

“Seulement un dictateur” a été écrit par Onur Orhan et est dirigé par Caner Erdem.

Atay joue un dictateur qui lutte contre lui-même.

La pièce a débuté il y a trois ans mais c’est récemment qu’il a été interdit dans plusieurs villes.

La pièce fait allusion au gouvernement actuel de la Turquie sous la direction du président Recep Tayyip Erdogan.

Les partisans du parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan ont exprimé leur colère sur les médias sociaux. C’est seulement après que les mesures d’interdiction sont tombées.

Un artiste politique

Lorsque la police a empêché la pièce d’être montrée à Istanbul la semaine dernière, Atay a lancé : “Acceptez-vous que cette interdiction signifie que notre président soit un dictateur?”

Atay a joué dans plusieurs séries télévisées et films.

Il est également connu pour son activisme politique. Avec près d’un million de followers sur Twitter, il exerce une influence considérable sur les médias sociaux.

L’année dernière, il a même été traduit en justice après qu’Erdogan et son fils se soient plaints d’un article intitulé “Hey, Erdogan”, publié par Atay dans le journal Birgün. Il a été reconnu coupable d’avoir insulté le président et a été contraint de payer une amende.

“Je continuerai à me battre”

Sous l’AKP, les directeurs des théâtres nationaux et municipaux ont été remplacés. Beaucoup d’artistes critiquant le leadership politique du pays ont vu leurs contrats résiliés.

De nombreux artistes qui ont commencé à exprimer leur mécontentement lors des manifestations du parc Gezi en 2013 ont également perdu leur emploi ou déménagé à l’étranger.

Par ailleurs, l’état d’urgence qui a été instauré après le coup d’Etat manqué de juillet 2016 a contraint nombre d’entre eux à se rendre en Europe. Atay, cependant, a choisi de rester.

“Je ne quitterai jamais le pays que j’aime juste parce que certaines personnes deviennent de plus en plus influentes depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP et exercent cette pression sur nous”, a déclaré Atay. “Je continuerai à me battre contre les dirigeants qui minent la paix”.

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