Turquie : 9 étudiants emprisonnés pour avoir manifesté contre l’offensive à Afrin

Un tribunal turc a placé, mardi, neuf étudiants en détention préventive pour avoir diffusé de la propagande terroriste après avoir protesté contre l’offensive militaire menée par la Turquie dans le nord de la Syrie.

La manifestation a eu lieu le mois dernier lorsqu’un groupe d’étudiants de l’Université Boğaziçi d’Istanbul a organisé un rassemblement pour soutenir l’offensive de la Turquie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) à Afrin, au nord de la Syrie, et a distribué des loukoums sur un stand du campus.

Un groupe opposant d’étudiants a alors organisé un contre-rassemblement avec une banderole sur laquelle était écrit «L’invasion et le massacre ne peuvent pas être célébrés avec des loukoums», ce qui a poussé le président Recep Tayyip Erdoğan à les qualifier de «terroristes», et les autorités à ouvrir une enquête.

Six autres étudiants ont été libérés suite à leur promesse de comparaitre devant un tribunal.

Le procureur a déclaré que les étudiants avaient agi comme les militants kurdes et avaient tenté de «dépeindre la République de Turquie et les forces armées turques comme des forces qui envahissaient et utilisaient la violence, s’engageant ainsi dans des actions illégitimes dans la région».

Après la manifestation anti-guerre, Erdoğan a déclaré que les étudiants ne seraient pas autorisés à étudier à l’université.

“Nous trouverons ces étudiants terroristes grâce aux images des caméras et ferons ce qui est nécessaire. Nous ne donnerons pas à ces jeunes terroristes communistes le droit d’étudier dans ces universités “, a déclaré Erdoğan.

“Nous les attraperons par les oreilles et les jetterons par terre”, a-t-il déclaré aux membres du “Parti de la Justice et du Développement” (AKP). Le chef de l’opposition, Kemal Kılıçdaroğlu, a déclaré que ce n’était pas au président de déterminer le sort des étudiants.

“Qui es-tu pour ne pas les laisser étudier? Les universités sont-elles la propriété de ton père? Les universités ne sont pas conçues à partir du sommet de l’Etat”, a déclaré Kılıçdaroğlu, assimilant Erdoğan à un dictateur.

Le mois dernier, les forces turques ont chassé la milice des YPG, considérée par Ankara comme une organisation terroriste liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), hors de la ville d’Afrin après une opération qui a duré presque deux mois.

Depuis le début de l’offensive, les autorités turques ont détenu des centaines de personnes pour des publications dans les réseaux sociaux et des protestations critiquant l’opération.

Erdoğan a également promis de retirer le mot «turc» du nom de l’Association médicale turque (TTB), qui compte 83 000 membres, après que le groupe s’est publiquement opposé à la campagne militaire.

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