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Turquie : Trois livres sur les Kurdes interdits, 170 000 livres sur Gülen retirés

Un tribunal turc dans la province d’Adiyaman a décidé d’interdire et de confisquer trois livres, affirmant qu’ils constituaient une menace pour l’intégrité territoriale de la Turquie. Il s’agit de Fratricide : la guerre civile des Kurdes de Faysal Dagli publié en 1994, L’histoire kurde d’Aytekin Gezici publié en 2013 et Rojava: le temps des Kurdes de Fehim Tastekin sorti en 2016.

Interrogé par le site Kurdistan 24, Fehim Tastekin, journaliste spécialiste du Proche-Orient, a qualifié la décision d’absurde.

Une copie de l’ordonnance du tribunal datée du 2 octobre indique que les livres en question ne doivent pas être imprimés, distribués et vendus de nouveau et que les forces de sécurité sont chargées de confisquer les éditions en vente et en imprimeries.

Tastekin a déclaré qu’il expliquait l’interdiction de son livre, qui est un recueil d’articles, d’interviews et de comptes rendus de ses voyages au Kurdistan syrien connu sous le nom de Rojava, par le contexte politique actuel. “L’environnement politique est toxique. La langue d’Erdogan est haineuse”, a-t-il confié.

Un livre ne peut pas être une organisation terroriste

“Sa rhétorique s’inscrit dans les réalités du moment : la guerre contre les Kurdes de Turquie, son attitude hostile envers le Rojava et le Kurdistan du Sud en font partie”, a-t-il expliqué.

Il fait allusion au conflit que mène la Turquie depuis plusieurs décennies contre le PKK et aux menaces répétées d’invasion ou de sanctions économiques contre les Kurdes de Syrie et d’Irak qui veulent respectivement l’autonomie et l’indépendance.

“Mon livre a déjà causé des problèmes pour des personnes”, a ajouté Tastekin. A Adana, un lecteur a été arrêté par la police. A Istanbul, l’éditorialiste réputé du journal d’opposition Cumhuriyet, Engin Aydin, à Mersin,l’avocat Ali Bozan, à Ankara, un enseignant et, à Diyarbakir, des enseignants ont été interrogés sur la raison de la possession de ce livre.

Le tribunal d’Adiyaman a estimé que le livre présentait les “caractéristiques d’une organisation terrotiste” ce qui a fait bondir Tastekin, “un livre ne peut pas être une organisation terroriste”, a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Le représentant de Reporters sans Frontières en Turquie, Erol önderoglu, a dénoncé une “censure” et une “tyrannie idéologique qui vise le journalisme d’investigation”.

Près de 170 000 livres retirés des bibliothèques

Le député du parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde) et professeur de droit constitutionnel Mithat Sancar a posé une question écrite au Premier ministre Binali Yildirim. Celui-ci n’a pas encore répondu.

Le jour même, le ministre de la culture et du tourisme, Numan Kurtulmus, a indiqué que 169 141 exemplaires de livres avaient été retirés des bibliothèques publiques dans le cadre des enquêtes contre le Hizmet, ce mouvement de Fethullah Gülen que le pouvoir turc tient pour responsable de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

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