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Erdogan : “Ce ne sont pas des journalistes mais des terroristes”

Le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré mercredi sur Bloomberg Tv que les personnes emprisonnées et présentées comme des journalistes étaient en réalité des “terroristes”.

Interrogé sur sa persistance à affirmer que les journalistes en détention y étaient pour des motifs autres que ceux liés au journalisme, Erdogan a répondu : “Vous êtes mal informés, corrigeons d’abord cela. La plupart de ceux dont vous dites qu’ils sont en prison ne sont pas des journalistes, ce sont des terroristes. Ils ont été impliqués dans des attaques à la bombe, dans des affaires de vol, il y en a même qui ont été attrapés pour avoir volé de l’argent dans les distributeurs. Ce n’est pas parce qu’on se qualifie de journaliste qu’on l’est”.

“La justice fait son travail, ceux qui doivent sortir seront libérés mais ceux qui ont fait de l’espionnage doivent répondre de leurs actes”, a-t-il poursuivi, avant d’assurer, à rebours du ton péremptoire qu’il venait d’utiliser, que la justice turque était indépendante.

Le 22 mars 2017, l’homme fort de la Turquie avait déjà affirmé : “Je regarde la liste des 149 noms. Ce sont tous des voleurs, des personnes qui ont abusé d’enfants, des terroristes”.

La veille, le vice-Premier ministre Bekir Bozdag avait également estimé que “personne ne se trouv[ait] dans les prisons de la République de Turquie et ne fai[sai]t l’objet de poursuites pour le simple fait d’avoir mené des activités journalistiques, d’avoir écrit ou publié une information”.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a indiqué sur son compte Twitter à la suite des propos d’Erdogan qu’il avait examinait fin 2016 près de 148 cas et que 81 d’entre eux relevaient directement d’une activité journalistique.

Selon l’International Press Institute (IPI), le chiffre s’établit à 171. Le Centre de Stockholm pour la liberté (SCF) estime, lui, que 284 journalistes et employés du secteur de la presse sont en prison dont seulement 25 ayant fait l’objet d’une condamnation définitive. Selon Reporters Sans Frontières (RSF), qui a placé la Turquie à la 155e position dans le classement mondial de la liberté de la presse, “des dizaines de journalistes sont jetés derrière les barreaux sans jugement, faisant de la Turquie la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias. Ceux qui restent en liberté sont tout aussi exposés à l’arbitraire : procès en cascade, retrait de carte de presse, annulation de passeport, confiscation de biens… La censure d’Internet et des réseaux sociaux atteint des niveaux inédits”.

Près de 150 organes de presse ont été fermés par décrets-lois dans le cadre de l’état d’urgence décrété à la suite de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016 et plus de 900 cartes de presse et passeports de journalistes ont été annulés sur simple décision administrative.

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