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“Certains membres du gouvernement turc veulent la vengeance”

“Certains membres du gouvernement turc poursuivent la vengeance plutôt que la justice”. C’est en ces termes peu diplomatiques que l’ambassadeur des Etats-Unis à Ankara, John Bass, a une nouvelle fois dénoncé l’arrestation d’un ressortissant turc qui travaillait au consulat américain à Istanbul, accusé d’avoir des liens avec le Hizmet, ce mouvement initié par Fethullah Gülen, que le pouvoir turc considère comme le cerveau de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

Le diplomate qui doit quitter Ankara pour Kaboul ces temps-ci a également exprimé sa préoccupation vis-à-vis du traitement de cette information par les médias pro-gouvernementaux. “Je suis profondément dérangé par le fait que certaines personnes du gouvernement turc préfèrent traiter cette affaire par le biais des médias plutôt que de la traiter correctement dans un tribunal de justice devant un juge”, a-t-il précisé à l’occasion d’un déjeuner avec des “journalistes sérieux” à Istanbul.

“Je continue à croire que les journalistes indépendants et les médias solides et libres sont les fondements d’une société dynamique et démocratique. Je pense qu’il est important pour les gens comme moi d’être disponibles pour les journalistes sérieux”, a-t-il poursuivi, avant d’indiquer qu’il n’avait pas invité certains des organes de presse proches du gouvernement parce qu’ils ne les considérait pas comme des journalistes.

La chroniqueuse du journal Sabah, Hilal Kaplan, a ainsi été priée de ne pas assister à la rencontre alors qu’elle avait été invitée.

S’agissant du membre du personnel consulaire arrêté, Bass a déclaré qu’il continuait de croire que les accusations étaient sans fondement. “Je ne crois pas qu’il y ait des preuves qui étayent ces accusations”, a-t-il dit.

Interrogé sur le putsch avorté et la question de l’extradition de Fethullah Gülen, Bass a affirmé : “L’une des caractéristiques de notre système judiciaire est que moins nous parlons publiquement d’un cas, plus nous sommes pris au sérieux”. “Il est inhabituel pour un pays comme la Turquie de vivre dans un état d’urgence extraordinaire pendant une si longue période, avec les changements qu’il a apportés à la pratique normale de l’activité parlementaire. Comme tous les autres alliés, nous surveillons avec intérêt et avec une certaine inquiétude l’évolution de la situation”, a-t-il ajouté.

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