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L’ONU se dit préoccupée par les allégations de torture en Turquie

Le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, a indiqué dans un communiqué du 27 février qu’il était sérieusement préoccupé par les allégations croissantes de torture et de mauvais traitements lors des gardes à vue en Turquie.

Melzer s’est dit “alarmé par les allégations selon lesquelles un grand nombre de personnes soupçonnées de liens avec le mouvement güleniste ou le Parti des travailleurs du Kurdistan armé étaient exposées à des techniques d’interrogatoire brutales visant à extorquer des aveux forcés ou à contraindre d’autres personnes”.

Le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer.

Le rapporteur indique que les abus signalés englobent “des passages à tabac sévères, des chocs électriques, l’exposition à de l’eau glacée, des privations de sommeil, des menaces, des insultes et des agressions sexuelles”.

Un crime contre l’humanité

Melzer a déploré qu’aucune mesure sérieuse n’ait semblé avoir été prise par les autorités pour enquêter sur ces allégations ou pour demander des comptes aux auteurs.

“Le droit à ne pas être soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements est absolu, ne peut souffrir de dérogation et continue de s’appliquer dans toutes les situations d’instabilité politique ou de toute autre urgence publique”, a poursuivi le Rapporteur spécial, avant de rappeler qu’il s’agissait d’un “crime contre l’humanité”.

Melzer a indiqué qu’en l’invitant à se rendre en Turquie en décembre 2016, peu après la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016, le gouvernement turc avait démontré son attachement à sa politique officielle de “tolérance zéro” contre la torture.

Immunité pour les actes de torture post-coup d’Etat

“Cependant, l’incapacité des autorités à condamner publiquement la torture et les mauvais traitements et à faire respecter l’interdiction universelle de tels abus dans la pratique quotidienne semble avoir favorisé un climat d’impunité, de complaisance et d’acquiescement qui sape gravement cette interdiction et, finalement, la règle de droit”, a-t-il toutefois nuancé.

La période qui avait suivi le putsch avorté a entraîné des arrestations massives contre les sympathisants du mouvement Gülen ainsi que les militants kurdes, socialistes et libéraux. Près de 55 000 personnes sont actuellement en détention.

Récemment, un décret-loi a interdit à la justice de poursuivre les civils ayant agi pour déjouer la sédition de 2016 ainsi que les événements s’inscrivant dans leur prolongement.

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