Amnesty critique un arrêt du Conseil d’Etat grec qui considère la Turquie comme un pays sûr

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Amnesty International a indiqué qu’une décision du Conseil d’Etat grec selon laquelle deux demandeurs d’asile syriens pouvaient être renvoyés en toute sécurité en Turquie constituait un dangereux précédent pour des milliers de réfugiés dans le cadre de l’accord entre l’Union européenne et Ankara.

Environ 62 000 réfugiés et migrants, principalement des Syriens, des Afghans et des Irakiens, sont bloqués en Grèce depuis que les pays européens ont fermé leurs frontières en mars 2016.

“La décision constitue un précédent inquiétant pour de nombreux autres demandeurs d’asile qui ont fui les conflits et les persécutions et sont actuellement bloqués dans les îles grecques”, a déclaré John Dalhuisen, directeur d’Amnesty International pour l’Europe.

Pas de protection efficace en Turquie

“Ces décisions enfreignent un principe très clair : la Grèce et l’UE ne devraient pas envoyer des demandeurs d’asile et des réfugiés dans un pays où ils ne peuvent pas obtenir une protection efficace”, a a-t-il ajouté.

A une voix près, le Conseil d’Etat grec avait rejeté vendredi les recours de deux Syriens contre des décisions déclarant irrecevables leurs demandes d’asile. La plus haute juridiction administrative a rejeté les allégations des Syriens selon lesquelles leur vie et leur liberté seraient en danger si elles étaient renvoyées en Turquie pour ne pas avoir produit de preuves allant dans ce sens.

Or, selon Amnesty International, si les réfugiés syriens reçoivent une protection temporaire en Turquie, beaucoup vivent dans une extrême pauvreté. “Alors que la Turquie a accepté plus de réfugiés de la Syrie que tout autre Etat, les garanties contre le renvoi de réfugiés et de demandeurs d’asile dans les pays où ils se heurtent à des violations des droits de l’homme et des abus, y compris la violence, la torture ou même la mort, ont été considérablement réduites dans le cadre de l’état d’urgence”, indique le communiqué. La Turquie est “un pays qui lutte pour répondre aux besoins fondamentaux de près de trois millions d’autres réfugiés”, a abondé Dalhuisen.

L’expulsion des deux Syriens constituera le premier retour formel de demandeurs d’asile vers la Turquie, considérée comme un pays sûr depuis l’entrée en vigueur d’un accord UE-Turquie. Jusqu’à présent, seuls les migrants économiques qui n’étaient pas admissibles à la protection internationale avaient été renvoyés.

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